La Fée des Glaces est à l'origine une sculpture d'assemblage. Je l'ai composée avec l'idée d'une fée, posée sur une banquise nue au sommet d'une terre devenue froide. Mais j'ignorais qu'en travaillant sur la banquise, c'est-à-dire la petite pierre grise qui en tient lieu, le hasard allait formuler avec force mon propos sous-jacent. La sculpture est devenue vidéo…
Ce film est composé d'une photo et de l'animation d'illustrations nées de la pierre grise de la sculpture. J'ai tout réalisé moi-même, sauf la bande-son qui est une composition de Mark Lockett (marklockett.com) : n'oubliez pas de mettre le son !
La naissance des Charmes
(pour ceux-celles qui n'aiment pas lire, cf la vidéo un peu plus loin)
(pour ceux-celles qui n'aiment pas lire, cf la vidéo un peu plus loin)
Je préparais cette sculpture que je nommais La fée des Glaces. Elle est au bord d’une banquise morte. Avant de l’assembler, comme la pierre grise offrait une surface plane, j’ai décidé d’essayer un processus de création qui consiste à relever les traces des pierres à travers le papier, au fusain, au crayon, au stylo, je ne savais pas trop. Je voulais donc recueillir la trace de ce caillou. Je pensais y trouver les lignes que je touchais du bout des doigts et que je voyais d’ailleurs. Ce qui sortit au 1er essai m’a fait l’effet d’un appel magique. J’ai senti cela tout au fond de moi dans mon cœur qui s’est mis à se serrer, puis à bondir, dans ma pensée qui avait totalement disparu. Quelque chose était là qui n’avait rien à voir avec moi, mais qui avait à voir avec le monde. C’était le Bœuf. Il me regardait, là soudain, tranquille, presque vivant. Vivant. En fait c’est comme ça que je l’ai ressenti. Vivant. Il s’est imposé à moi. Je me suis sentie commandée, pour tout dire inspirée par la Terre qui m’enjoignait de continuer. De chercher encore. Je pensais moi qu’il y avait ce bœuf encore, je le croyais seul, attendant que je le ramène à la vie encore et encore. J’espérais que ce miracle, ce don qui m’était fait, se renouvelle. Mais c’est un autre animal qui est apparu, l’Ours. Puis un autre. Puis un autre… Il ne s’agissait pas de moi, de mon travail. Alors j’ai continué, dans tous les sens, en essayant tous les papiers… jusqu’à l’Elfe. Forme humaine, cœur animal. Je ne sais pas si c’est moi qui contient ces animaux ou si c’est le caillou ou si c’est entre nous deux. Il existe un lien de moi à eux, de nous tous à la Terre. Je me suis sentie chargée d’un devoir de porter leur irruption à votre connaissance. Ce sont Les Charmes. Vulnérables, presque disparus, ils sauvent la puissance de la vie.
la banquise